Hommage à Jean-Louis PRIANON


On s’y attend toujours mais cela blesse à chaque fois. Même si sauver des vies au mépris de la sienne est la devise du GIGN, le prix à payer, même s’il est accepté de tous ses membres, reste élevé.

Nous avons le regret et la profonde tristesse de vous annoncer la mort en action de Jean-Louis PRIANON, jeune sous-officier âgé de trente ans.

Père de deux enfants au moment des faits, entré au GIGN en 1995, il participait à un assaut destiné à déloger de chez lui un forcené, Gérard Renevier, quarante-cinq ans, souffrant depuis plusieurs années de troubles psychiatriques.

Pour la première fois de son histoire, le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), vient de perdre un de ses membres lors d’une opération, le 23 juin 1997 à Valaurie dans la Drôme. Jean-Louis Prianon est tombé après 23 mois d’activité et 150 opérations aux quatre coins du monde. Bien que l’entraînement lui ait déjà ôté sept vies, c’est la première fois que le GIGN perd l’un des siens en mission.

Après avoir déambulé, samedi après-midi, dans les rues du village en possession d’une arme, le forcené s’était retranché chez lui. Le GIGN, dépêché de Versailles, a finalement donné l’assaut vers 3 h 30 après avoir fait sauter à l’explosif la porte de la maison du quadragénaire. L’homme aurait alors ouvert le feu à trois reprises sur les gendarmes. Bien que protégé, comme ses collègues, d’un gilet pare-balles, Jean-Louis PRIANON a été touché sous l’aisselle, la balle se logeant en plein cœur.

Il était entré en tête dans la pièce où s’était retranché le forcené, qui l’a mortellement blessé au troisième coup de feu. Son sacrifice n’aura pas été inutile: il aura libéré le passage pour ses camarades qui ont désarmé, puis arrêté le meurtrier. Le forcené a été maîtrisé et emmené dans un hôpital psychiatrique.

Le GIGN et sa famille se sont retrouvés pour un dernier hommage, le mardi 24 juin 1997 dans le stand de tir du groupe, transformé pour l’occasion en chapelle ardente, ainsi que le veut la tradition. Une cérémonie religieuse s’y est déroulée, pour le repos de Jean-Louis, dont le corps reposait devant l’autel, sur fond de parachutes tricolores et au milieu d’un parterre de fleurs. Ses camarades du GIGN, en grande tenue, lui ont rendu les honneurs militaires.

A titre posthume, le jeune sous-officier a reçu la Médaille Militaire de la part du Président de la République, ainsi que la médaille de la Gendarmerie avec citation, remise par le Directeur de la Gendarmerie Nationale, Monsieur Prévost.

Jean-Louis PRIANON laisse deux enfants et sa femme qui a accouché d’un troisième en décembre 1997.