On m’a dit

Poème de Sophie Pignon pour son père, l’adjudant Jean-Michel PIGNON
 (2006)


On m’a dit que tu ne voulais pas d’enfants,

mais quand nous sommes arrivés tu étais bien content.

On m’a dit que tu n’étais pas très grand,

mais que tu étais vaillant.

On m’a dit que tu aimais ton métier,

mais que tu ne devais pas en parler.

On m’a dit que tu faisais souvent le fou,

mais quant il s’agissait de travail tu arrêtais tout.

On m’a dit que tu avais sauvé bon nombre de gens,

mais sans vraiment avoir eus de remerciement.

On m’a dit que le GIGN c’était ta vie,

mais c’était ta mort aussi.

On m’a dit que la caserne Pasquier,

lors de ton dernier saut nous avait appelé.

On nous a dit que tu avais eu un « accident »,

mais que tu n’étais pas mort sur le moment.

On m’a dit que maman était allée à l’Hôpital,

mais qu’on lui avait annoncée que ta chute avait été fatale.

On m’a dit que ce jour du 7 mars 1990 tu t’étais battu,

mais que c’était la mort qui t’avais eu.

On m’a dit que tu avais été mis en terre,

mais qu’ils t’avaient remis la médaille militaire.

On m’a dit que tu avais été inhumé avec ton uniforme plus propre que jamais,

mais ce fut pour nous la dernière fois qu’on te voyait le porter.

On m’a dit que tu étais mort dans l’honneur,

mais tu seras pour moi toujours vivant dans mon cœur !

« J’avais 3 ans, j’ai aujourd’hui 19 ans et de toi je ne me souviens que d’un bronze du GIGN scellé sur du granit de couleur bordeaux avec ton nom, ton prénom et des chiffres que je ne préfère pas lire et d’une caserne de la même couleur. »

 Sophie Pignon pour son père, l’adjudant Jean-Michel PIGNON
,
décédé lors d’un exercice de saut en rappel à Montdésir le 7/03/1990…