Rencontre avec Thierry P.


Focus sur l’ adjudant-Chef  (ER) Thierry P. ancien gendarme du GIGN, un des héros de la prise d’otage de l’Airbus de Marignane du 26 décembre 1994.

Novembre 2003… Le rendez-vous est fixé pour discuter du parcours de Thierry au sein du GIGN, afin de savoir ce qui s’était passé, pour lui, en décembre 1994 et surtout, après l’intervention. Y avait-il eu une vie « après Marignane » ?

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En effet, nous étions au courant; comme tout le monde, que Thierry avait été grièvement blessé lors de l’intervention, médaillé, mais nous n’en savions pas plus. C’était donc l’occasion rêvée de pouvoir le rencontrer, et de l’écouter raconter le récit de sa vie.

Quel avait été le cheminement de son histoire ?

Le rendez vous avait été donné près de Poitiers. Lorsque le train nous a déposé à la gare, Thierry nous attendait, nous l’avons reconnu de loin d’après les photos que nous avions vues de lui. Il nous a accueilli très chaleureusement, puis nous a conduit chez lui.

Une fois arrivés à son domicile et fait plus ample connaissance, les discussions autour d’une tasse de café ont commencées. Thierry nous a raconté l’intervention qui a tant médiatisé le groupe, et lui aussi par la même occasion, mais pour des raisons différentes. Pendant son séjour à l’hôpital, après l’assaut de Marignane, Thierry a vu énormément de monde, notamment de nombreuses figures politiques, et a reçu de nombreuses lettres de soutien.

 

 


« J’ai été étonné de recevoir autant de lettres, d’ailleurs j’ai reçu énormément de lettres ayant comme destinataire : « ‘Thierry P. – GIGN ». Car les gens avaient seulement vu à la TV que je m’appelais Thierry P. , alors ils m’ont écrit à ce nom et j’ai reçu le courrier ! Cela m’avait fait très plaisir!!!» dit-il en souriant.

Thierry se remémore « l’inter » de Marignane, cela reste pour lui le plus marquant souvenir de sa carrière au sein du GIGN, il en est fier et heureux d’y avoir participé, « c’est tellement rare ! ».

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Il nous a ensuite raconté dans les détails comment s’était passé l’assaut : « Je suis rentré en deuxième dans l’airbus car un coéquipier me couvrait, j’ai tué deux terroristes, blessé un troisième avant qu’un quatrième, caché dans le poste de pilotage, ne me tire une rafale de sept balles, dont une qui me frappa au niveau de la visière du casque. Elle m’a complètement sonné, je me suis effondré, ensuite j’ai vu une grenade atterrir à coté de moi, j’ai réussi à me tourner sur le flanc, mon gilet m’a protégé le dos mais le reste de mon corps fut criblé d’éclats, ça m’a fait terriblement mal ! » Se remémore-t-il douloureusement.


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Après ce récit, Thierry nous a montré trois radios de son bras droit, criblé de balles de Kalachnikov, d’ailleurs, « les médecins me disaient qu’il n’était pas possible qu’une balle de « Kalach » reste dans un corps. Lorsqu’ils ont vu les radios, l’ogive qui était encore dans mon bras leur prouva bien le contraire. » Nous raconta-t-il avant d’ironiser, « maintenant, dès que je passe dans un portique de sécurité tout se met à sonner ! »

Par la suite Thierry nous a montré des photos d’une de ses missions, au Rwanda, nous plongeant ainsi dans un souvenir qui l’a beaucoup touché humainement. La mission s’était déroulée lors des luttes ethniques dans ce pays ravagé par la guerre, « j’ai été très touché » nous avoua-t-il.

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Il est vrai qu’après avoir visualisé les photos de sa période au Rwanda, nous ne pouvions rester insensible face à tant de cruauté dénué de tout sens moral, notamment envers les enfants. Nous ne citerons pas de détails, mais ces atrocités sont hélas encore d’actualité dans certains pays.

Par la suite, nous avons interrogé Thierry P. afin de savoir s’il continuait à pratiquer le tir, lui qui en avait été instructeur au GIGN pendant quatre ans après Marignane, avant de profiter d’une retraite bien méritée l’année de ses quarante-neuf ans.

Il nous a surprit en nous disant qu’il continuait le tir, avec le bras gauche bien entendu, et, étonnamment, il nous dit qu’il tirait avec autant de précision. Pour les connaisseurs, sachez qu’il tire désormais avec son Manurhin 73 qui lui a été offert par la firme du même nom, après l’intervention de Marignane pour remplacer celui détruit pendant l’assaut.
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A l’époque, un membre encore actif du GIGN nous a raconté son admiration de voir qu’en quelques mois d’entraînement seulement après son accident, Thierry P. était meilleur au tir du bras gauche que les autres membres s’entraînant depuis des années de la main droite.


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Thierry P. nous a ensuite montré les médailles qui lui furent décernées après l’assaut, fièrement exposées dans son salon.

A l’époque Prouteau avait écrit une lettre au président de la République afin que Thierry ait le titre de chevalier de la légion d’honneur, médaille qui n’est normalement remise qu’à titre posthume pour les militaires.

On voit sur la photo, de haut en bas et gauche à droite : la légion d’honneur, la médaille militaire, la croix de la valeur militaire, la médaille du combattant, la médaille de la gendarmerie, la médaille d’Outre-Mer, deux médailles du courage et dévouement, la médaille des blessés, la médaille d’honneur pénitentiaire, et la médaille de l’ordre national de la paix.
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Cette rencontre nous a beaucoup apporté, car nous avons pu découvrir plus en profondeur la « vie » de Thierry. Nous avons eu les réponses à toutes nos questions, le voile était tombé. En partant la promesse a été faite de se revoir plus tard, mais cette fois avec un passage au stand de tir.

 


Crédit photos : © gign.org

L’ASSAUT DE MARIGNANE RACONTÉ PAR THIERRY P.

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