Trente ans après l’intervention du GIGN au Touquet



1981-2011. Trente ans après, retour sur une intervention marquante du GIGN sur l’aéroport du Touquet. C’est exactement le 2 mai 1981 que l’affaire se produit. A 14h37, la tour de contrôle de l’aéroport du Touquet reçoit une demande d’atterrissage d’un boeing 737 irlandais qui doit rallier Londres. Sous la menace d’un pirate de l’air, le commandant de bord est forcé de se rendre à Téhéran, en Iran. Par manque de kérosène, il est contraint d’atterrir aux alentours de cette station balnéaire du Pas-de-Calais, reconnue pour son calme.


 

Le preneur d’otages, Laurence James Downey, âgé de 50 ans, paraît dès le début déséquilibré. Parmi ses motivations figurent également le souhait que le Pape Jean-Paul II révèle au monde entier le troisième secret de Fatima. En outre, l’homme est recherché par la police australienne pour escroquerie. Il retient en bout de piste 118 passagers et cinq membres d’équipages en otages. Les autorités sont déterminées à ce que la situation se règle rapidement. Immédiatement, le GIGN est mobilisé. Les renault 5 Alpine s’élancent depuis la caserne de Maisons-Alfort (quartier général du GIGN jusqu’en 1983) avec le capitaine Christian Prouteau en tête, fondateur du GIGN en 1974. A 19h30, les gendarmes sont en mesure d’intervenir sur l’avion. Peu avant, à 18h, la situation semble pourtant se détendre alors que cinq enfants et leurs mères sont libérés. A 23h, tout s’accélère. Le pirate demande une ambulance pour évacuer une femme âgée qui ne supporte plus le stress de la prise d’otages. Les gendarmes en profitent pour s’approcher de l’appareil à bord de deux véhicules tout feux éteints. « Mes hommes étaient sous l’avion et le pirate ne pouvait pas les voir. Moi-même, j’étais à dix mètres de là, je le surveillais avec des jumelles. C’est au moment où je l’ai vu se détourner du pilote que j’ai donné le signal de l’assaut », a expliqué plus tard le capitaine Christian Prouteau. Six gendarmes pénètrent dans l’avion au moyen de deux échelles. Deux d’entre eux foncent vers le cockpit pour neutraliser Laurence James Downey qui tente simultanément de mettre le feu avec un briquet à une bouteille d’essence. En vain. Il est déjà aplati à terre. « Tout est arrivé si vite que j’ai eu à peine le temps de remarquer ces jeunes gens vêtus de sombre, qui m’ont frôlée au passage », a confié une ex-otage. Au total, l’intervention a duré six minutes. Une fois dans l’avion, les opérationnels ont mis moins d’une minute pour neutraliser le pirate.

 


Journal télévisé relatant l’évènement (sujet vers deux minutes)


Le GIGN était déjà en intervenu en 1975, en 1976 et en 1977 sur les aéroports de Roissy et d’Orly. Lors de cette dernière opération, Jacques Robert, le preneur d’otages, a jeté une grenade défensive lors de l’assaut des gendarmes. La coque de l’avion a été percée par le souffle de l’explosion, un passager était décédé. Cet échec avait conduit le GIGN à mener une réflexion sur les procédures d’intervention et les matériels utilisés dans les avions. Le capitaine Paul barril avait notamment mis au point des boîtes métalliques, en forme de seau, que les opérationnels devaient porter avec eux. Ils devaient alors placer la grenade dedans avant qu’elle n’explose pour la «noyer». Autre invention, un morceau de tissu pliable, composé de plusieurs couches de kevlar, pouvait être lancé sur une grenade avant son explosion. Ces innovations n’ont pas été retenues par la suite.


Ce succès au Touquet ne fait que confirmer l’expertise du GIGN dans le domaine du contre-terrorisme aérien. D’autres interventions suivent au cours des années suivantes. En 1983, sur l’aéroport d’Orly, le GIGN libère 190 passagers d’un avion retenu par six terroristes. En 1984, le GIGN maîtrise, sur l’aéroport de Marignane, un homme qui détenait six personnes à bord d’un avion-cargo. En 1994, le GIGN, mené par le commandant Denis Favier, intervient sur l’aéroport de Marignane. Une opération célèbre par son ampleur médiatique : lire le témoignage de Roland Montins pour en savoir plus.

 

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Article rédigé par Quentin Michaud

Crédits photos: © gign.org